La drogue au volant

Drogue ou alcool, même effet

Qu’est-ce que la conduite sous l’influence de la drogue?

Le Centre canadien sur les dépendances et l'usages des substances (CCDUS) définit la «drogue au volant» et la «conduite sous l’influence de la drogue» comme étant la conduite d’un véhicule motorisé alors que les facultés sont affaiblies par tout type de drogue, de médicaments ou de combinaison de drogues, médicament et alcool, notamment les substances illicites, les psychotropes d’ordonnance et les médicaments vendus sans ordonnance qui ont une influence sur la capacité des individus à conduire prudemment.1

Les jeunes conducteurs courent déjà un risque plus élevé d'accidents de la route, car les nouveaux conducteurs manquent souvent d'expérience derrière le volant.

Les études démontrent que conduire sous l’effet du cannabis double les risques d’accident et une étude récente de JSD Canada a démontré que près d’un tiers (32%) des ados croient que conduire gelé (après avoir consumé du cannabis) n’est pas aussi dangereux que conduire sous l’effet de l’alcool. Or, un étudiant du secondaire sur quatre avoue avoir embarqué dans une automobile dont le conducteur était sous l’influence de substances.

Selon le Centre canadien sur les dépendances et l'usages des substances (CCDUS), il y a quelques perceptions erronées qu’ont souvent les jeunes :

  • La conduite avec facultés affaiblies n’est pas un problème grave;
  • Le cannabis au volant est plus sécuritaire que l’alcool au volant;
  • Une certaine consommation de drogue ne compromet pas la capacité à conduire;
  • Une certaine consommation de drogue améliore la capacité à conduire en raison du recours à des stratégies de compensation;
  • Il est peu probable que la conduite avec facultés affaiblies soit détectée.

Notre plus récente campagne, «Un Appel Sans Réponse» vise à démontrer concrètement aux parents et aux ados que les dangers sont réels autant pour un conducteur sous l’influence de substances que celui ou celle à bord d’un véhicule conduit par un conducteur ayant fumé du cannabis.

Nous incitons vivement les parents à l’essayer.

Conduire sous l’influence de drogues ou d’alcool, ou des deux, est extrêmement dangereux. En plus d’être illégal, l’usage de tout psychotrope rend la conduite dangereuse, tout comme la conduite avec les facultés affaiblies par l’alcool. Prendre le volant avec les facultés affaiblies par la drogue, c’est mettre en danger non seulement la vie du conducteur, mais aussi celle de ses passagers et des autres utilisateurs de la route.

Éliminer le risque

Le fait que le cannabis soit maintenant légal a suscité certaines inquiétudes quant à la sécurité routière et ce, principalement chez les jeunes conducteurs qui, en grande partie, ne comprennent pas que conduire sous l’influence du cannabis peut s’avérer extrêmement dangereux.

Pot au volant: c'pas trippant est un programme éducatif qui cible à informer autant les jeunes conducteurs que leurs passagers des risques reliés à la conduite sous l'influence du cannabis.


La drogue au volant - les faits

La conduite avec facultés affaiblies par la drogue est un phénomène qui dépassera bientôt la conduite avec les facultés affaiblies par l’alcool.

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Au Canada, on relève la présence de drogues chez une part importante des conducteurs mortellement blessés… une proportion avoisinant celle de la prévalence de l’alcool.

Les jeunes conducteurs et leurs amis qui sont des passagers dans la voiture doivent savoir que la conduite après avoir fumé de la marijuana est une conduite avec des facultés affaiblies.

Nous devons tous travailler ensemble afin de modifier les attitudes de nos jeunes.

Les jeunes de 16 à 24 ans sont ceux chez qui on retrouve le plus haut taux de mortalité en lien avec l’alcool et les drogues.

La plupart des décès routiers sont observés chez les conducteurs âgés de 16 à 24 ans; parmi ceux-ci, le taux de mortalité routière relié à l’alcool (27,6 %) est aussi élevé que celui relié à la drogue (26,9 %).2

Environ le tiers des adolescents (30 %) ne considère pas la conduite sous l’influence de cannabis aussi dangereuse que la conduite en état d’ébriété.3

Tous les groupes d’âge sont informés des dangers de l’alcool au volant alors que les études montrent qu’un pourcentage important de jeunes en âge de conduire sont peu ou pas informés des risques liés à la conduite sous l’influence de médicaments d’ordonnance ou de drogues illicites comme le cannabis, et des effets sévères qu’ils peuvent causer sur les capacités de conduite.

C’est un problème auquel il faut s’attaquer sans délai.

Le problème de la drogue au volant prend une ampleur de plus en plus comparable à celle de l’alcool au volant.

Les résultats d’analyses effectuées sur les cadavres de conducteurs décédés suite à un accident de la route au Canada en 2008 ont révélé que 37 % d’entre eux étaient sous l’influence de drogues, alors que 41 % étaient sous l’influence de l’alcool.4

Un cégépien sur cinq (22.4%) est déjà monté dans une voiture avec un conducteur sous l’influence de la drogue.5

La probabilité d’être le passager d’un véhicule conduit par une personne ayant consommé de la drogue augmente considérablement selon le niveau scolaire.

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La tolérance envers la drogue au volant est au cœur même du problème. Autant les adolescents que les parents ne considèrent pas la conduite sous l’influence de la drogue aussi dangereuse que celle en état d’ébriété.

On fait face à une incompréhension évidente que la drogue au volant puisse être une chose dangereuse. Les jeunes conducteurs et leurs amis passagers doivent réaliser que la consommation du cannabis ou de prendre des médicaments d’ordonnance peut diminuer leurs capacités à conduire.

19% des parents d’adolescents ne considèrent pas la conduite après la consommation de cannabis aussi dangereuse que la conduite après la consommation d’alcool. 6

Cela dit, il y a quand même un nombre important de parents qui comprennent que la conduite avec facultés affaiblies par drogue est aussi dangereuse que la conduite avec les facultés affaiblies par l’alcool.

81 % des parents sont fortement ou plutôt d’accord que la conduite sous les effets de la drogue est aussi risquée que la conduite en état d’ébriété.

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Les parents peuvent faire une grande différence dans la vie des jeunes conducteurs en restant informés sur le sujet et en parlant ouvertement et fréquemment à leurs adolescents. Les conversations sur les comportements à risque comme la drogue au volant et le fait d’être le passager d’une voiture conduite par une personne avec facultés affaiblies sont essentielles.

 

La conduite sous l'effet de la drogue tue

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Au Canada, on relève la présence de drogues chez plusieurs des conducteurs mortellement blessés… une proportion avoisinant celle de la prévalence de l’alcool.
Les conducteurs entre 16 et 24 ans représentent la majorité des cas de décès de la route suite à un accident.  Ceux-ci représentent également le groupe contenant la plus grande proportion de conducteurs tués à cause de l’alcool (27.6%) ainsi que de la drogue (26.9%).7

Depuis 2007, les cannabinoïdes sont au deuxième rang derrière l’alcool parmi les drogues détectées le plus souvent chez les conducteurs mortellement blessés.

 

Les adolescents et la drogue 

Cannabis : Le nombre de jeunes(22%) et de jeunes adultes(26%) qui ont pris le cannabis en 2013 était plus de deux fois et demie plus élevé que celui des 25 ans et plus(8%).8

Après l’alcool, le cannabis est la deuxième substance la plus consommée par les jeunes Canadiens de 15 à 24 ans.

D’après le Centre canadien sur les dépendances et l’usages des substances (CCDUS), lorsqu’on les compare aux jeunes d’autres pays développés, les jeunes Canadiens sont les plus nombreux à avoir consommé de la marijuana, selon un rapport du Centre de recherche de l’UNICEF de 2013.

Les effets du cannabis au volant :

Le cannabis a une influence considérable sur les aptitudes au volant. Il cause l’euphorie, un ralentissement de la pensée, la confusion, les troubles de mémoire et d’apprentissage, l’augmentation de la fréquence cardiaque et l’anxiété. Ces effets se font ressentir en à peine quelques minutes, atteignent leur maximum en environ une heure et demie, et peuvent durer jusqu’à deux heures.9

Les recherches montrent également que les facultés pour la conduite sont encore plus affaiblies lorsque le cannabis est consommée en même temps que l’alcool.

Le cannabis ralentit la pensée, ce qui retarde les réactions dans les moments critiques au volant. Il crée aussi un effet de distorsion sur le temps et la distance, ce qui rend la tâche du conducteur compliquée lorsque vient le temps de manœuvrer dans les courbes et en présence d’autres véhicules circulant en sens inverse. La concentration et l’attention sont également affaiblies, ce qui augmente la probabilité que le conducteur soit distrait sur la route. Le taux d’accidents dans lesquels sont impliqués des conducteurs sous l’influence du cannabis est de deux à six fois plus élevé que celui dans lequel sont impliqués des conducteurs sobres, et il varie selon la durée et la quantité de drogue consommée.

Il est relativement facile de se procurer du cannabis, et nombreux sont les jeunes qui pensent être à l’abri des arrestations puisqu’il ne peut pas être détecté lors d’un Alcootest.10 Ces facteurs réunis contribuent à faire du cannabis la drogue la plus consommée par les jeunes conducteurs.


Les drogues illicites : l'ecstasy, la cocaïne et le LSD, les méthamphétamine, le crack et l'héroïne et crystal meth.

La liste des drogues dures comprend les hallucinogènes, l’ecstasy, la cocaïne, le LSD, les méthamphétamines, le crack, l’héroïne et le crystal meth.

Toutes ces drogues causent des effets comme les hallucinations, l’impulsivité, l’irritabilité, les étourdissements, l’anxiété, la perte de coordination, et le sentiment d’être plus alerte qu’on l’est réellement.

La cocaïne est la drogue illicite la plus fréquemment décelée chez les victimes de la route, juste après le cannabis. Elle est associée aux excès de vitesse, à la perte de contrôle de véhicules, aux virages dangereux en présence d’autres véhicules, à la conduite agressive et à la conduite inattentive.11

Les gens qui conduisent sous l’influence de la cocaïne sont de deux à dix fois plus à risque de provoquer des accidents.12

 

Les médicaments d'ordonnance : un étudiant canadien sur sept de niveau secondaire a pris des médicaments sur ordonnance non prescrits pour eux, cela représente environ 300 000 adolescents.13

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Les médicaments d’ordonnance comme des analgésiques, dépresseurs ou des stimulants, qui ne devraient jamais être pris sans une ordonnance d’un médecin et utilisés sous surveillance médicale, cependant, ils sont souvent consommés à des fins récréatives. Les exemples de médicaments comprennent les benzodiazépines, le rohypnol, oxycodone, les sédatifs et ceux pour les troubles déficitaires de l’attention.

Les adolescents prennent ces médicaments souvent à partir de leurs propres armoires à médicaments à la maison afin d’expérimenter et ce, sans connaître les dommages potentiels qu’ils peuvent causer, y compris des réactions allergiques et des surdoses, les deux conduisant à la mort.

Les effets des médicaments d’ordonnance sur la conduite.

Les effets de la consommation de drogues diffèrent selon la manière dont ces drogues interagissent avec le cerveau, mais dans tous les cas, les facultés nécessaires pour la conduite sécuritaire d’un véhicule sont affaiblies. Ces facultés comprennent les capacités motrices, l’équilibre, la coordination, la perception, l’attention, le temps de réaction et le jugement.  Ces drogues procurent à celui qui les utilise un sentiment d’euphorie, de somnolence, de relaxation et diminuent la sensation de douleur.

Que pouvez-vous faire?

Parler avec vos adolescents
En tant que parents, nous savons qu’il n’est pas toujours facile de parler avec vos adolescents, mais il est important que vous le faites. Vos enfants ont besoin d’être renseignés sur les conséquences de la conduite sous l’influence de substances et cela, de nul autre que vous, le parent. De fréquentes discussions en famille iront loin pour prévenir la consommation des drogues par les enfants. Besoin de quelques conseils sur la façon de faire progresser la conversation?
Cliquer Ici>>

Conseils aux parents

Parents, vos actions peuvent changer le cours des choses!

Vous êtes le premier moyen de défense contre la consommation de drogues ou d’alcool par votre enfant.
Près des deux tiers des adolescents croient qu’il est très risqué de contrarier ses parents ou de perdre le respect de leur famille et de leurs amis s’ils fument de la marijuana ou consomment d’autres drogues.
Plus>>

Marijuana : Les faits et les mythes
Il existe toujours beaucoup de confusion au sujet de la marijuana et de ses effets sur le développement du cerveau des jeunes. Cliquer ici>> pour en savoir plus.

Notre chronique parentale
Des experts offrent leurs conseils sur une variété de problèmes complexes auxquels font inévitablement face tous les parents.
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Liste de signes à surveiller
Signes et symptômes de la consommation d’alcool et de drogues chez les adolescents. Plus>>

La drogue au volant : références et ressources

La présence d’un organisme dans cette liste ne sous-entend pas d’approbation ou d’autorisation de la part de Jeunesse sans drogue Canada.  Les sources d’information mentionnées ci-dessous ne constituent qu’une liste partielle des ressources à la disposition des visiteurs de ce site Web.  Nous vous invitons à rechercher des ressources supplémentaires.

Centre canadien de lutte contre les toxicomanies,  CCDUS

Centre de toxicomanie et de santé mentale, CAMH 

Educaloi Quebec

GRC-RCMP 

Centre canadien de lutte contre les toxicomanies

 MADD

Santé et Services sociaux de Québec

Fondation de recherches sur les blessures de la route au Canada 

DrugsandDriving.ca (en anglais seulement)

Drugs and Driving.org est un site Web interactif conçu au Centre for Addictions Research la University of Victoria en Colombie-Britannique.

L’objectif du projet est de sensibiliser les jeunes conducteurs âgés de 16 à 25 ans sur les risques liés à la conduite avec facultés affaiblies par la consommation de substances. Le site Web met également à la disposition des enseignants un centre de ressources à télécharger pour les élèves du secondaire. Nous vous encourageons à consulter ce site Web.

 

 

Bibliographie:

    1. Weekes 2005
    2. Beasley et Beirness, 2011)
    3. L’étude du PCSD 2015 en ligne à l’échelle nationale a été menée entre le 28 octobre et le 3 novembre 2015 par Vision Critical, auprès de 821 parents d’enfants âgés de 13 à 19 ans et de 611 enfants âgés de 13 à 19 ans.
    4.  Beirness 2012
    5. CAMH – OSDUHUS 2017
    6. L’étude du PCSD 2015 en ligne à l’échelle nationale a été menée entre le 28 octobre et le 3 novembre 2015 par Vision Critical, auprès de 821 parents d’enfants âgés de 13 à 19 ans et de 611 enfants âgés de 13 à 19 ans.
    7. Beasley and Beirness, 2011
    8. l’Enquête canadienne sur le tabac, l’alcool et les drogues de Statistique Canada, 2013
    9. Shinar 2006
    10. Hanson 2011
    11.  Shinar 2006
    12. DRUID 2012
    13. CAMH (Sondage sur la consommation de drogues et la santé des élèves de l’Ontario (SCDSEO) 2015